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13/9/10témoignage d'un papa Asperger ayant un fils Asperger !




AUTISME PACA Un autre regard sur le Monde
!

Témoignage d'un papa asperger ayant un fils asperger !

-ce document est la propriété de l'association autisme PACA, il ne peut être repri en intégralité ou même en extrait sans l'autorisation du président de l'association, vous pouvez diffuser cet article en utilisant le lien suivant :
http://autismepaca.wifeo.com/service-blog.html

Objet : Vous faire mieux connaître le ressenti de vos enfants

« Le monde n'est pas adapté à moi, ce n'est pas moi qui suis différent, c'est les
autres que je ne comprends pas.

J'analyse toutes les situations, c'est comme si mon cerveau devait digérer chaque
information ( intellectualiser son ressenti et enregistrer la réponse sociale adaptée), parfois
pendant une semaine, je peux recouper des données du passé et faire le rapprochement avec
des données actuelles, des détails parfois insignifiant ( on appelle cela la mémoire à long
terme évènementielle), ce qui semble difficile aux autres.

Enfant j'étais terrible jusqu'à 6 ans, après, j'ai tout intériorisé, on disait de moi il
est sérieux et aime être seul, ce qui était faux ( mais la relation est difficile)j'avais un besoin
immense d'amour, le sport et la musique était mon équilibre.

Parfois on abuse de ma naïveté et de mon désir, et de mon besoin, de croire en
l'amitié, et on se sert de moi.( Il est facile ensuite de dire que c'est la faute de l'asperger !)
Souvent mon cerveau s'emballe et le soir je ne peux pas dormir, car il fonctionne
sans s'arrêter, il en est de même pour mon fils, qui au mot prêt exprime la même chose, à mon
grand étonnement, on dirait un miroir !

J'ai une vision du monde manichéenne, tout est blanc ou noir, le gris je déteste !
Je conçois le monde comme une quête chevaleresque où l'on doit servir une
cause juste, et je suis toujours déçu des autres, car toujours ils finissent par regarder leur
intérêt personnel et projette sur moi leur arrivisme, ne pouvant comprendre mon
désintéressement total ; je refuse d'ailleurs souvent des fonctions de prestige ou démissionne
de celles que j'ai accepté, quand je me rencontre que mes objectifs puristes ne sont pas
partagés !

J'ai des capacités supérieures aux autres dans certains domaines, mais je suis nul dans
d'autres.
Mon fonctionnement est plus lent que les autres quand je dois décoder avant d'assimiler
mes actions, mes paroles, mes pensées !

Mon corps est rigide, et mes muscles se raidissent souvent parfois jusqu'à la blessure
surtout la nuit.

Le changement est une source de perturbation, je dois me préparer pour chaque événement
pour vaincre.
Je suis hypersensible et hyper-anxieux, mais les autres ne le voit pas, se montrer faible est
une non maîtrise du monde et une mise en danger, surtout que ce monde se montre souvent
impitoyable.

Je montre un visage adapté aux situations, ce n'est pas naturel, je dois être un comédien en
permanence...( je pense que c'est ça la thérapie comportementale)et c'est épuisant, tout demande
plus d'effort, car il y a la même difficulté que vous, mais se rajoute la difficulté cognitive.
Parfois mon enfant neurotypique peur de mon visage dur ou inexpressif, et quand je vois
dans ces yeux de l'inquiétude,je souris pour le rassurer.

On dirait qu'il essaye de lire mon âme ( au fond des yeux )et qu'il cherche qui je suis
vraiment.
Je compense en faisant un travail sur moi-même pour lui dire que je l'aime.
J'ai besoin d'être performant sinon je me sens un moins que rien.

Je n'interprète pas toujours correctement mes relations avec les autres, mais j'ai une
perception des choses non verbales très poussée et un sens du devoir inné.
Je ressens le négatif des gens et les choses que l'on pense parfois même si la personne est
très loin.

J'identifie les choses qui échappent aux regards des autres, par un regard analytique de ce
que je vois.
Je peux me forcer à regarder dans les yeux mais c'est difficile, je préfère généralement
regarder de côté ( je sais maintenant que l'on appelle cela la vision périphérique ), pourquoi ?

C'est simple, c'est d'une intensité trop forte, et puis on a peur qu'on lise en nous, mais aussi
il est difficile de se concentrer sur la conversation et le regard en même temps, ce qui me vaut en
général « mais tu m'écoutes ? « , et là surprise de l'interlocuteur car je peux lui répéter mot à
mot ce qu'il a dit.

Parfois je suis trop absorbé dans une tâche et là oui je ne vous ai même pas vu, ni même
compris, je ne peux faire deux choses en même temps.

L'adolescence est une période critique, car on se sent nul, et on ne comprend pas les
« signaux « et les comportements féminins.

La séduction c'est subtil mais un asperger qui a fait un long cheminement sur lui-même
apprend, et un homme indifférent et fidèle cela séduit.
La moquerie nous « abîme », les comportements « gris « des autres si on leur a donné
notre confiance nous détruit.
Ma femme me comprend et à toujours sut que j'étais différent, c'est la seule qui ne m'a
jamais trahit, pas de gris !!! ( message d'espoir aux autres aspergers !)
Il est à noter que lorsqu'un asperger a un enfant asperger c'est dur car cela rajoute un stress
et une anxiété supplémentaire, et une peur de l'avenir pour son enfant ( d'où imprévisibilité si
néfaste pour nous ).

Aujourd'hui le travail c'est difficile, car je suis toujours plus performant que les autres, mais
les problèmes relationnels sont inévitables sur la durée, les vérités ne sont pas bonne à dire, et
faire le comédien pour être conforme et même avec prestige aux attentes du milieu professionnel
est épuisant.

J'ai fait moi-même mon diagnostic « asperger « mais me demandant si je me faisais des
idées et projetait le handicap de mon fils sur moi, j'ai demandé l'avis d'un expert du sujet
pédopsychiatre, qui a confirmé sans détour, surpris de ma lucidité j'étais le 2° père qu'il
rencontrait ayant fait ce cheminement, et il trouvait tellement que le fait que je sois asperger était
une évidence alors que personne n'en avait jamais eu l'idée, que je fus surpris !

J'ai remarqué aussi que les aspergers Hypo ( et non Hyper comme moi) son totalement
différent de moi, les femmes aspergers n'en parlons même pas, elles sont très différentes de nous
et encore plus compliquées dans leurs fonctionnements que les femmes neurotypiques.
Je ne pense pas que le Monde deviendra aussi beau de sentiment que je le conçois dans ma
tête, d'ailleurs je me crée souvent un monde parallèle.

Que les aspergers qui n'arrivent pas à comprendre où exprimer leur ressenti se rassurent, j'ai
dû me livrer à une introspection de plusieurs années et mettre mes capacités intellectuelles
totalement aux services de cette action pour comprendre !
Comprendre c'est le maître mot et ce sera le mot de la fin «

L'auteur ne souhaite pas signer l'article, la France étant encore peu tolérante avec la différence, le document est donc signé Autisme PACA.



 


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Le 26/11/2011 par Sandra S. :

C'est avec les yeux embués de larmes que je vous écris, émue à la fois et anxieuse... Mon fils Enzo a eu 4 ans le 2 Novembre, il a eu un retard du langage (nous nous comprenions lui et moi sans avoir besoin de parler)mon entourage s'inquiétait, j'étais bien dans ma bulle avec lui... A presque 3 ans a eu lieu sa première entrée en école maternelle, mon cauchemar a commencé, pour son institutrice (aussi directrice) rien n'était assez bien, retard du langage, refus catégorique de pratiquer toute activité,ne savait dire que NON,refusait de rester assis, elle a commencé à lui mettre des claques sur les mains pour le punir à chaque crise de colère qu'elle même n'arrivait pas à gérer...ça me rendait impuissante, en colère et triste...je ne voulais pas le scolariser, je ne le sentais pas prêt... j'ai alors acheté tous les livres à image possible, quelque jours plus tard il a commencé à parler, je me suis rendue compte qu'il avait un vocabulaire très riche mais on voit qu'il a des difficultés à construire une phrase... comme si les mots étaient dans sa bouche et tout emmêlés, et voulaient sortir en boule plutôt qu'en une belle ligne de phrase... (je dirais preque un peu les efforts d'une personne bègue mais sans l'être...)à la maison c'est un enfant aimant, adorable, aussi calme que joueur, souriant,doué (à la maison il sait compter jusqu'à 50 et connait son alphabet) mais aussi très exclusif (il peut m'appeler des milliers de fois par jour sans rien me dire, il faut juste que je lui réponde...il sait ainsi que je suis là...)je suis la seule à pouvoir l'aider à s'habiller (il refuse que les autres les fassent, c'est "maman qui m'aide!"), le coucher c'est la même chose, je suis la seule à pouvoir l'endormir... Son institutrice très pressante, nousa vons alors consulté un CHS où nous avons rencontré un pédopsychiatre spécialiste de l'autisme depuis 30 ans. Il nous a dit qu'en effet Enzo présente des troubles autistiques, il nous a dit qu'Enzo était un surdoué dans son monde... je ne comprends pas cette notion de "monde" puisqu'à la maison il est constamment en intéraction avec nous, jamais de regard de côté, quand on l'appelle il répond sans attente... Ce médecin nous a alors parlé d'autisme Asperger à vérifier avec les tests du CRA qui débuteront en Mars 2012... Quand j'ai entendu le mot autisme, le monde s'est effondré sous mes pieds, mon coeur de maman s'est déchiré en mille morceaux, j'avais l'impression d'être là sans être là... Que je vivais un cauchemar... Ma première réaction (qui est toujours présente!) est : est-ce que mon fils aura une vie (autant sentimentale que professionnelle)? Votre article me réconforte, on aurait tant besoin de personne comme vous, qui savent exprimer leur vie de "l'intérieur", ça aiderait tellement de parents dans la détresse comme moi... vous êtes des anges, vous êtes NOS anges, vous rayonnez de naturel et de bonté...je me sens si seule et si vulnérable quand je suis à l'extérieur, que les autres regardent mon fils comme un animal parce qu'il fait une crise de colère et que les gens jugent mon éducation, me jugent moi. J'ai moi aussi finalement des "traits autistiques" les gens je ne les aime pas, je ne ressens pas le besoin de les inclure dans ma vie, et les gens trop intrusifs me fatiguent car je dois sans cesse jouer le jeu de la politesse, être ravie, alors que ce n'est pas le cas, un repas de famille m'épuise... c'est certainement ma personnalité, mais je m'en contente! En tous cas Merci pour ces mots, merci pour vos paroles si précieuses, il est bien dommage de ne pas signer votre article, il le mérite pourtant...
Très amicalement
Sandra

Le 26/11/2011 par Sandra S. :

C'est avec les yeux embués de larmes que je vous écris, émue à la fois et anxieuse... Mon fils Enzo a eu 4 ans le 2 Novembre, il a eu un retard du langage (nous nous comprenions lui et moi sans avoir besoin de parler)mon entourage s'inquiétait, j'étais bien dans ma bulle avec lui... A presque 3 ans a eu lieu sa première entrée en école maternelle, mon cauchemar a commencé, pour son institutrice (aussi directrice) rien n'était assez bien, retard du langage, refus catégorique de pratiquer toute activité,ne savait dire que NON,refusait de rester assis, elle a commencé à lui mettre des claques sur les mains pour le punir à chaque crise de colère qu'elle même n'arrivait pas à gérer...ça me rendait impuissante, en colère et triste...je ne voulais pas le scolariser, je ne le sentais pas prêt... j'ai alors acheté tous les livres à image possible, quelque jours plus tard il a commencé à parler, je me suis rendue compte qu'il avait un vocabulaire très riche mais on voit qu'il a des difficultés à construire une phrase... comme si les mots étaient dans sa bouche et tout emmêlés, et voulaient sortir en boule plutôt qu'en une belle ligne de phrase... (je dirais preque un peu les efforts d'une personne bègue mais sans l'être...)à la maison c'est un enfant aimant, adorable, aussi calme que joueur, souriant,doué (à la maison il sait compter jusqu'à 50 et connait son alphabet) mais aussi très exclusif (il peut m'appeler des milliers de fois par jour sans rien me dire, il faut juste que je lui réponde...il sait ainsi que je suis là...)je suis la seule à pouvoir l'aider à s'habiller (il refuse que les autres les fassent, c'est "maman qui m'aide!"), le coucher c'est la même chose, je suis la seule à pouvoir l'endormir... Son institutrice très pressante, nousa vons alors consulté un CHS où nous avons rencontré un pédopsychiatre spécialiste de l'autisme depuis 30 ans. Il nous a dit qu'en effet Enzo présente des troubles autistiques, il nous a dit qu'Enzo était un surdoué dans son monde... je ne comprends pas cette notion de "monde" puisqu'à la maison il est constamment en intéraction avec nous, jamais de regard de côté, quand on l'appelle il répond sans attente... Ce médecin nous a alors parlé d'autisme Asperger à vérifier avec les tests du CRA qui débuteront en Mars 2012... Quand j'ai entendu le mot autisme, le monde s'est effondré sous mes pieds, mon coeur de maman s'est déchiré en mille morceaux, j'avais l'impression d'être là sans être là... Que je vivais un cauchemar... Ma première réaction (qui est toujours présente!) est : est-ce que mon fils aura une vie (autant sentimentale que professionnelle)? Votre article me réconforte, on aurait tant besoin de personne comme vous, qui savent exprimer leur vie de "l'intérieur", ça aiderait tellement de parents dans la détresse comme moi... vous êtes des anges, vous êtes NOS anges, vous rayonnez de naturel et de bonté...je me sens si seule et si vulnérable quand je suis à l'extérieur, que les autres regardent mon fils comme un animal parce qu'il fait une crise de colère et que les gens jugent mon éducation, me jugent moi. J'ai moi aussi finalement des "traits autistiques" les gens je ne les aime pas, je ne ressens pas le besoin de les inclure dans ma vie, et les gens trop intrusifs me fatiguent car je dois sans cesse jouer le jeu de la politesse, être ravie, alors que ce n'est pas le cas, un repas de famille m'épuise... c'est certainement ma personnalité, mais je m'en contente! En tous cas Merci pour ces mots, merci pour vos paroles si précieuses, il est bien dommage de ne pas signer votre article, il le mérite pourtant...
Très amicalement
Sandra

Le 12/10/2011 par autismepaca.wifeo.co :

@ fatia :
Bonjour,

désolé pour le retard.

c'est ma vision personnelle, le fruit de mes observations et j'appelle les " types " principaux représentatifs du SA par ces 2 catégories :

Pour moi je parle d'un asperger Hypo quand il intériorise son ressenti, un exemple pour moi un aspie Hypo c'est celui qui a la récrée ne cherche pas le contact et paraît absent alors que à l'inverse l'autre facette de l'aspie c'est celui qui a la récrée cherche le contact à l'excès mais très maladroitement.
Pour moi l'Hypo est celui qui est calme, peu de troubles visibles qui ne dérange pas au fond d'une classe.
L'Hyper lui je le voie comme ayant du mal à tenir tranquille.
l'Hypo pause moins de problèmes en société mais à plus de problème pour vivre une union amoureuse et exprimer ses sentiments.
L'Hypo souffre moins car moins hypersensible, moins anxieux, mais moins présent en société.

voilà j'espère vous avoir expliqué mon appellation pour ces 2 catégories, bien sûr aucun aspie n'est pareil, c'est une vision d'ensemble.

Le 29/8/2011 par fatia :

Bonjour, j'ai trouvé ton article très intéressant, qui va m'aider à mieux comprendre mon fils, j'ai une question : quelle difference entre Asperger hypo et hyper ? je ne trouve pas sur google ou plutot il y a trop de choix, peux tu me dire de quel hypo et hyper tu parles stp merci d'avance.

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