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Madame Sunny Wilson donna une conférence

Madame Sunny Wilson psychologue spécialisée de l'enfance et du développement, compte rendu conférence Autisme PACA du 24 Avril 2010.

Introduction :

Actuellement le terme " d'autisme" est utilisé pour désigner un trouble du développement altérant essentiellement les intéractions sociales et la communication, contraignant la personne à un retrait du monde social, faute de moyens adaptés pour pouvoir communiquer de façon adéquate.

L'autisme, C.Tardif et B. Gepner, coll. Psychologie 128 Edition Nathan.

Définition de Léo Kanner:

En 1943, dans un article intitulé"Autistic Disturbance of Affectice Contact"
( trouble autistique du contact affectif), le psychiatre autrichien Léo Kanner fait l'exposé de 11 vignettes cliniques qui illustrent selon lui " un syndrome" unique, jusqu'ici non décrit et assez rare semble-t-il, mais qui cependant serait probablement plus fréquent que ne l'indique la rareté des cas observés".
Ce syndrome, qu'il nomme "autisme infantile précoce", a pour caractéristique principale une incapacité à établir des relations de façon normale avec les personnes et les situations dès le début de leur vie.
Il écrit ainsi "les enfants autistes sont venus au monde avec une incapacité innée à développer les contacts affectifs habituels avec les personnes (...) de la même manière que d'autres enfants viennent au monde avec des handicaps physiques ou intellectuels."

Description des signes clinique :

Le diagnostic repose aujourd'hui encore sur les signes cliniques mis en lumière par Léo Kanner, on parle d'ailleurs douvent d'autisme de Kanner.

- la précocité des toubles : apparition des troubles dans la première enfance ( avant 3 ans),
- un isolement ou retrait social ( aloneness)
- un besoin d'immuabilité qui se caractérise par une obsession anxieuse de la permanence par peur de tout changement ce qui amène à d'interminables routines quotidiennes,
- des comportements répétitifs et stéréotypés,
- un langage atypique : un langage plus souvent non communicatif associé à des stéréotypies verbales ( répétition d'un petit répertoire de mots, de phrases ou d'un thème) et des écholalies ( tendance à répéter systématiquement tout ou partie d'une phrase ou d'un mot soit immédiatement après qu'elle soit prononcée ou de manière différée), difficultés à décoder les signaux non verbaux et à y répondre de manière adaptée.
- quelques talents spectaculaires malgré un développement globalement retardé : on constate dans la majorité des cas un retard mental et des déficits cognitifs mais qui peuvent parfois être masqués par compensation du fait d'îlots de compétences particulières, notamment grâce à une mémoire prodigieuse.

On va également voir apparaître certains troubles associés :

- déficit attentionnel,
- hyperactivité,
- impulsivité,
- agressivité verbale ou physique,
- comportement d'automutilation,- ces comportements étant la conséquence directe du trouble de la communication-
- récations sensorielles qualifiées de paradoxales : la vision et l'audition semblent particulièrement sensibles avec des hypo- et des hyper-fonctionnement qui sont sources de"mésadaptation  et de surhandicaps".

Le diagnostic clinique et médical est effectué par un pédopsychiatre au moyen de classification et d'échelles spécifiques.

Sur un plan international, les critères de diagnostics retenus s'organisent autour  d'une triade de symptômes :

CF le DSM IV Manuel statistique et diagnostique.

* une altération des interactions sociales :
- altération marquée dans l'utilisation de divers comportements servant à réguler les interactions sociales, comme le contact occulaire, les expressions et mimiques faciales, les postures corporelles et les gestes,
- incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau de développement,
- pas de recherche spontanée pour partager des joies, des plaisirs, des intérêts ou des buts avec d'autres personnes,
- manque de réciprocité sociale ou émotionnelle.

* une altération de la communication qui peut aller d'un retard à une absence totale de langage parlé :

- retard ou absence totale de développement du lange parlé ( sans tentative de compensation par d'autres modes de communication alternatifs, comme la gestuelle ou les mimiques),
- chez les individus maîtrisant suffisamment le lange, incapacité marquée à engager ou à poursuivre une conversation avec les uatres,
- utilisation stéréotypée et répétitive du langage idiosyncrasique,
- absence de jeu spontané de " faire semblant", "faire comme si" ou de jeu d'imitation sociale correspondant au niveau du développement.

* un caractère restreint répétitif et stéréotypés des comportements
, des intérêts et des activités :

- préoccupation obsessionnelle circonscrite à un ou plusieurs centres d'intérêts stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation,
- adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels,
- activités motrices stéréotypées et répétitives avec maniérisme ( par exemple battement ou torsion des mains ou des doigts, mouvements complexes de l'ensemble du corps),
- préoccupations persistantes pour certaines parties d'objets.

L'intensité des troubles est ensuite évaluée de manière multidimensionnelle par des professionnels dont les investigations complémentaires vont permettre d'obtenir une vue globale du niveau de développement de l'enfant :

- psychologue : bilan développemental au moyen de divers outils psychométriques.
- orthophoniste : bilan langagier
- psychomotricien : bilan de motricité fine et globale
- instituteur : bilan pédagogique
- éducatueur : bilan d'autonomie personnelle et collective.

* La prévalence :

- En 1995, on comptait environ 4 à 5 enfants autistes pour 10 000 naissances,

- En 2005, les études dénombraient quant à elles 20 personnes atteintes sur 10 000 naissances, soit 5 fois plus.
Cet accroissement significatif n'est pas dû à un essor de la pathologie mais à l'évolution des connaissances  et des dénominations.
Les chiffres actuels tendent à rendre compte de l'ensemble des troubles autistiques incluant notamment le syndrome d'asperger ( 3 enfants pour 10 000 naissances).
Ces nouvelles considérations amènent à une très grande variabilité des données recensées dans la littérature.
Ainsi, selon les critères retenus dans les recherches épidémiologiques, les chiffres.
Note du président APACA : aujourd'hui on compte 1 naissance pour 150 présentant des troubles autistiques ( chiffre INSERM)

- Sex-ratio : 4 garçon pour 1 fille

* L'évolution des classifications et dénominations

- L'autisme est répertorié dans les classifications internationales comme un trouble envahissant du développement ( TED ).

- La classification française : la CFTMEA bien qu'établissant des liens dans sa nouvelle version avec les Troubles Envahissant du Développement, continue quand à elle d'inclure l'autisme dans la catégorie des psychoses précoces.

- On entend souvent parler "d'autisme infantile", "d'autisme infantile précoce" ou encore "d'autisme de l'enfant".
Toutefois, cela ne semble pas tout à fait approprié car cela laisserait entendre qu'il s'agit d'un état caractéristique de l'enfance et que l'on peut en sortir en grandissant.

CF: Bleuler le 1er à avoir employé le terme d'autisme en 1911 pour désigner ce repli sur soi des patients schizophrènes. L'autisme étant dérivé du grec autos qui signifie " soit-même", par le choix de ce terme déjà utilisé par Bleuler, l'autisme a été et est encore confondu avec la schizoprénie.

* D'où vient l'autisme ?

1) Accusation portée à l'égard des mères :

- Les écrits sur la maladie mentale étaient à cette époque exclusivement d'inspiration psychanalytique.
- Méprise de l'interprétation des descriptions de Léo Kanner et Hans Asperger.
- Coincidence avec les travaux de Boulby sur le lien mère enfant ( amalgame)

2) Hypothèse génétique :

Jumeaux 70% de risques si monozygotes, contre 4% si dizygotes.
On retrouve d'ailleurs une récurrence intra familiale ( fratries) de 4%
Soit un sex-ratio de 2 à 40 fois supérieur à la population générale.

3) Hypothèse environnementale :

Facteurs : - anté-conceptionnels
                   - anténataux
                   - périnataux
                   - post nataux.
 





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